Tu ne te poses probablement pas de questions en laissant tes vieux emails dans ta boîte de réception. Peut-être que tu as 10 000 messages non lus. Peut-être 50 000. Tu n'es pas seul·e. En moyenne, chacun·e a des milliers d'emails qu'il ou elle ne rouvrira jamais, simplement stockés là, tranquillement, dans le cloud.
Mais voilà le truc : « le cloud » n'est pas un espace sans poids ni substance. C'est un réseau de centres de données massifs remplis de serveurs physiques qui tournent 24 heures sur 24, 7 jours sur 7. Chaque email stocké sur ces serveurs nécessite une petite quantité d'énergie pour être maintenu. Multiplie ça par des milliards d'utilisateurs et des billions d'emails, et ça commence à compter vraiment vite.
Les chiffres derrière ta boîte mail
Un email court sans pièce jointe produit environ 4,7 grammes de CO2. Ça peut sembler peu, mais considère le volume. Un·e employé·e de bureau moyen·ne envoie et reçoit environ 120 emails par jour. Sur un an, ça fait près de 44 000 emails par personne, rien que pour le travail.
À l'échelle mondiale, environ 350 milliards d'emails sont envoyés chaque jour. Même en tenant compte des filtres anti-spam qui en bloquent une grande partie, le volume pur et simple d'emails légitimes crée une empreinte carbone mesurable. Certains chercheurs estiment que l'utilisation mondiale des emails contribue à des dizaines de millions de tonnes de CO2 chaque année.
Les centres de données consomment déjà environ 1 à 2 % de l'électricité mondiale totale. Le stockage des emails n'est qu'une pièce du puzzle, mais c'est une pièce qui grossit chaque année à mesure que les gens accumulent plus de messages sans jamais les supprimer.
Ce qui se passe quand tu gardes tout
La plupart des fournisseurs d'emails offrent un stockage généreux, donc il n'y a aucune raison pratique de supprimer quoi que ce soit. Mais un stockage généreux signifie plus de disques durs qui tournent dans plus de centres de données, tous nécessitant énergie et refroidissement.
Le problème, ce ne sont pas seulement les emails que tu lis. Ce sont les newsletters auxquelles tu t'es abonné·e il y a trois ans et qui vont directement dans un dossier que tu ne consultes jamais. Ce sont les emails marketing, les notifications automatiques, les fils de discussion qui se sont terminés il y a des mois. Tout ça prend de l'espace serveur, et tout ça consomme de l'énergie.
Ce qui se passe quand tu supprimes
Quand tu supprimes un email, il ne disparaît pas instantanément. Il passe généralement dans une corbeille pendant 30 jours avant d'être définitivement supprimé. Une fois qu'il est vraiment effacé, l'espace de stockage est libéré et peut être réalloué. Avec le temps, cela réduit la demande totale de stockage sur les centres de données.
Supprimer 1 000 vieux emails ne sauvera pas la planète à lui seul. Mais si des millions de personnes faisaient chacune le ménage dans leur boîte mail, la réduction collective de la demande de stockage serait significative. C'est l'une de ces rares actions environnementales qui ne te coûte rien et ne prend que très peu de temps.
Une action concrète que tu peux faire aujourd'hui
Prends 15 minutes cette semaine pour un grand nettoyage de ta boîte mail. Voici une approche simple :
- Recherche par expéditeur les newsletters et emails marketing que tu ne lis plus. Désabonne-toi de ceux que tu ne veux plus, puis supprime-les tous en masse.
- Trie par date et supprime tout ce qui date de plus de deux ans et que tu n'as pas ouvert.
- Vide complètement ta corbeille et ton dossier spam.
- Vérifie aussi ton dossier d'envois. Les vieux emails envoyés comptent dans ton empreinte de stockage tout comme ceux que tu reçois.
Si tu veux automatiser ce processus, des outils comme Kiran peuvent scanner ton stockage numérique et identifier les fichiers et données qu'il est sûr de supprimer, en calculant exactement combien de carbone tu économises au passage.
Ta boîte mail n'est pas juste encombrée. Elle consomme discrètement de l'énergie chaque jour. Un petit nettoyage est l'une des choses les plus simples que tu peux faire pour réduire ton empreinte carbone numérique.